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Tropicale & exotique · Rubiaceae

Caféier

Coffea arabica

Photo : Elcambur — CC BY 3.0 — Wikimedia Commons

🌍 Origine

Hauts plateaux d'Éthiopie

📜 Découverte

Domestiqué en Éthiopie, diffusé au Yémen dès le XVe siècle

🔤 Étymologie

'Coffea' dérive de l'arabe 'qahwa', via le turc 'kahve' puis l'italien 'caffè'.

Histoire

L'histoire du caféier commence, selon la légende éthiopienne la plus répandue, avec un jeune chevrier nommé Kaldi qui, vers le IXe siècle, aurait remarqué que ses chèvres devenaient étrangement vives et agitées après avoir brouté les baies rouges d'un arbuste sauvage des hauts plateaux d'Éthiopie. Curieux, il en aurait goûté lui-même les fruits avant de rapporter sa découverte à un monastère voisin, où les moines auraient commencé à préparer une décoction pour rester éveillés durant leurs longues prières nocturnes. Si cette histoire relève largement de la légende embellie a posteriori, elle capture néanmoins une vérité historique solide : le caféier est bien originaire des forêts montagneuses d'Éthiopie, où il pousse encore à l'état sauvage aujourd'hui, et sa consommation stimulante fut effectivement associée dès ses débuts documentés à la pratique religieuse et à la veille nocturne. La graine franchit la mer Rouge vers le Yémen dès le XVe siècle, où les soufis l'adoptèrent pour leurs veillées spirituelles, avant que le port de Moka ne devienne le premier grand comptoir mondial d'exportation du café, donnant son nom à la variété la plus prisée de l'époque et gardant pendant longtemps un monopole de fait, les autorités yéménites interdisant l'exportation de graines fertiles pour préserver leur avantage commercial. Les Ottomans en firent ensuite une institution sociale majeure avec l'invention du café turc et l'apparition des premiers cafés publics à Constantinople dès le XVIe siècle, des lieux de sociabilité et de débat si populaires que les autorités religieuses tentèrent à plusieurs reprises, sans succès durable, d'en interdire la fréquentation, craignant qu'ils ne deviennent des foyers de contestation politique. L'Europe découvrit le café au XVIIe siècle via les marchands vénitiens, puis le breuvage conquit Londres, Paris et Vienne, où les cafés devinrent des foyers intellectuels associés aux Lumières, à la presse naissante et aux discussions politiques qui allaient nourrir les révolutions à venir ; le premier café parisien, le Procope, ouvrit ses portes en 1686 et vit passer Voltaire, Diderot et plus tard Robespierre. Le monopole yéménite finit par se briser lorsqu'un pèlerin indien nommé Baba Budan aurait, selon la tradition, fait passer clandestinement des graines fertiles hors d'Arabie au XVIIe siècle, dissimulées à même son corps, permettant leur culture dans le sud de l'Inde. Les puissances coloniales européennes, en particulier les Hollandais puis les Français et les Portugais, organisèrent ensuite la culture intensive du caféier dans leurs colonies d'Asie du Sud-Est et d'Amérique latine au XVIIIe siècle, faisant du Brésil, où un seul plant contrebandé aurait initié toute la production nationale selon la légende locale d'un officier séduisant l'épouse du gouverneur de Guyane française pour obtenir des graines interdites d'exportation, le premier producteur mondial encore aujourd'hui, une position qu'il occupe sans interruption depuis près de deux siècles. Le XXe siècle vit naître la distinction commerciale entre l'espèce Arabica, plus fine et aromatique, et le Robusta, plus corsé et résistant, avant que le mouvement du café de spécialité n'émerge dans les années 1990-2000, remettant l'origine, la traçabilité et le savoir-faire du producteur au centre d'une filière longtemps dominée par la production de masse.

Anecdotes

Usages

Boisson mondiale majeure (café)Économie agricole (l'un des produits les plus échangés au monde)Institution sociale et culturelle

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